L'hiver engourdit mes mots. Un doux manteau blanc Les recouvre d'un sanglot, Sa froidure les brisant. Longue plaine immaculée, Le champ de mes vers Se repose d'un sommeil doré, Rêvant de lointaines mers. Quelques fois se pose un oiseau Noir, tache irréelle, A la recherche d'épis de mots, S'envolant ensuite à tire-d'aile. Nulle couleur en cet hiver Ne vient troubler ce calme sommeil. Ce paysage noir, gris et blanc de misère Patiente son printemps, son éveil. |