La rage de vivre est enracinée En moi. Agrippée à tous les rochers De mon coeur, mon âme et de mon corps Elle comprime et détend de ma vie tous les ressorts. La Liberté tant vantée et chantée Epanouie dans les limites inusées Ne lui suffisent plus - limites bien qu'absconses Comme autant d'épines de ronces ! Non Non... Je ne sais pas vivre en voyant Mes limites. Comme autant de phares aveuglants Je ne vois plus mon chemin Et ne voyage plus serein. Je ne sais vivre que dans le noir Errant de tout côté, en ayant tué l'espoir. Aveugle parmi les hommes voyants, Je ne sais être attentif qu'à chaque instant. Je le goûte pleinement, Je l'aime entièrement, Puis il sombre dans l'immédiat passé, Par un autre instant bousculé. Je ne fais fi de ce passé Car je suis son représentant Et par lui fut modelé ; Figure issue d'Autres Temps. Mon bagage sur les épaules J'avance sur le chemin des saules Ivre d'une vie riche et heureuse, Semant de-ci de-là des bouts de joie délicieuse. "Regardez ! Regardez ! Toutes ces portes ! Ne les voyez-vous donc pas ? Sachez qu'elles existent ces portes Que vous les trouverez toujours ici et là !" Puis je repars, ne pouvant rester, Car c'est ainsi que je suis né : Errant parmi les errants, Ignorant parmi tous ces sachants. Voyageur au gré des marées, Chantre des saisons et des équinoxes, Mon bagage constitué de poèmes éparpillés, J'erre sur une vie aux chemins peu orthodoxes. |