La rage de vivre est enracinée

(2001-08-27)



La rage de vivre est enracinée
En moi. Agrippée à tous les rochers
De mon coeur, mon âme et de mon corps
Elle comprime et détend de ma vie tous les ressorts.

La Liberté tant vantée et chantée
Epanouie dans les limites inusées
Ne lui suffisent plus - limites bien qu'absconses
Comme autant d'épines de ronces !

Non Non... Je ne sais pas vivre en voyant
Mes limites. Comme autant de phares aveuglants
Je ne vois plus mon chemin
Et ne voyage plus serein.

Je ne sais vivre que dans le noir
Errant de tout côté, en ayant tué l'espoir.
Aveugle parmi les hommes voyants,
Je ne sais être attentif qu'à chaque instant.

Je le goûte pleinement,
Je l'aime entièrement,
Puis il sombre dans l'immédiat passé,
Par un autre instant bousculé.

Je ne fais fi de ce passé
Car je suis son représentant
Et par lui fut modelé ;
Figure issue d'Autres Temps.

Mon bagage sur les épaules
J'avance sur le chemin des saules
Ivre d'une vie riche et heureuse,
Semant de-ci de-là des bouts de joie délicieuse.

"Regardez ! Regardez ! Toutes ces portes !
Ne les voyez-vous donc pas ?
Sachez qu'elles existent ces portes
Que vous les trouverez toujours ici et là !"

Puis je repars, ne pouvant rester,
Car c'est ainsi que je suis né :
Errant parmi les errants,
Ignorant parmi tous ces sachants.

Voyageur au gré des marées,
Chantre des saisons et des équinoxes,
Mon bagage constitué de poèmes éparpillés,
J'erre sur une vie aux chemins peu orthodoxes.




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© Guillaume MAISON