Tous les arguments entendus jusqu'à présents sont justes et ont leur raison d'être. En tant que femme, en tant qu'être humain vivant dans un pays démocratique et libre, elle a tout à fait le droit de faire ce qu'elle veut. On peut ne pas être d'accord avec elle, mais elle reste maîtresse de son destin, on n'a pas à la juger ainsi. Elle occupe un poste à responsabilité - même si on n'est pas d'accord avec ses choix politiques - et peut aimer suffisamment son travail pour vouloir y retourner le plus rapidement possible. Ceci n'occultant pas son amour pour sa fille. On peut, encore une fois, ne pas être d'accord avec ses choix en matière de vie familiale, mais c'est elle qui choisit.

Toutefois, en tant que ministre, elle a une forte valeur symbolique. D'autant plus forte que c'est une femme. Or, dans la france d'aujourd'hui, une femme a forte valeur symbolique sera d'autant plus jugée et scrutée et analysée et observée. Mais, dans un pays qui perd peu à peu ses symboles, ses valeurs au profit de l'individualisme et du "chacun pour soi", maintenir certains symboles me semblent important. Ayant choisi la maternité à ce niveau de représentation symbolique, elle aurait du, selon moi, ne pas revenir aussi vite au travail. Elle aurait du maintenir 2 à 3 semaines (de grandes vacances) de congés maternité - malgré le discours de Sarkozy à la Cour de Cassation. Personne ne lui en aurait voulu, tout le monde aurait compris et accepté avec beaucoup de bienveillance pour elle son absence. Fort heureusement, la maternité a encore une très forte valeur symbolique en france.

Je dirais pour conclure que, selon moi, la liberté de choix individuel doit, dans certains cas précis où la charge symbolique est forte, s'effacer devant le symbole. Être une femme ministre enceinte et qui accouche aurait du selon moi respecter le droit des femmes à disposer d'un congé maternité et en conséquence elle n'aurait pas du retourner si tôt à son travail.

Mais elle en a préféré autrement. Je le regrette.