/home/ypatois/prive/html_work/fsurfer/fsurfer/poesie/Queneau.RuePaulVerlaine.html

<- Page précédente Retour à l'index Page suivante ->

Rue Paul Verlaine


Je fais parfois le rêve étrange et pénétrant
d'une rue en étain blanchâtre et maternelle
l'un et l'autre trottoir palpite comme une aile
tandis que sa chaussée a tout son poids d'étant

Les ruisseaux de plomb pur s'écoulent dans l'étang
qu'engloutit une bouche à béance immortelle
à chaque extrémité s'inscrit une marelle
que ne traverse point le vulgaire impétrant

Sous un ciel de titane un seul toit promeneur
lentement se déplace au-dessus des bâtisses
où grouille un animal qui ressemble à ma soeur

Calme en son sicamor incertaine et factice
cette voie a le charme amarante et boudeur
de pouvoir se plier sans perdre son odeur

Raymond Queneau (Courir les rues (1967))


<- Page précédente Retour à l'index Page suivante ->

un balayeur de cette bibliothèque virtuelle : poesie@altespace.org (Garp)
Dernière mise à jour : Tue Jun 27 10:32:19 CEST 2006