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samedi 30 janvier 2010

Une composante d'une vie épanouie

Vivre pleinement sa vie, c'est faire preuve d'une légère schizophrénie impliquant vivre sa vie et s'observer en train de vivre. Le secret d'une vie épanouie est de trouver l'équilibre entre ces deux états, en ne privilégiant aucun par rapport à l'autre.

vendredi 29 janvier 2010

Devoir civique

Quand je vois la tournure de la politique, de plus en plus orientée sur les personnes et de moins en moins sur les idées, je suis de plus en plus conforté dans l'idée d'imposer le non cumul des mandats ainsi que de limiter le nombre de mandats par personne.

Ce serait une autre manière également, je pense, de remettre dans les esprits la notion de devoir civique.

J'ai fait mon service militaire, comme beaucoup. J'ai fait un mois de classes puis, chanceux, je suis allé dans un service informatique - car à l'époque, je travaillais déjà depuis plus de 2 ans dans l'informatique ; c'était en 1995. Autant il m'en souvient que cela m'avait un peu déprimé d'avoir à quitter mon travail, à me morfondre dans un service informatique où je m'ennuyais pas mal, sans parler des classes où j'avais beaucoup de mal avec l'autorité - mais on apprend à savoir se taire :). Mais, malgré cela, je n'en garde pas un mauvais souvenir. Je n'arrive pas à me dire que je n'aurais pas dû le faire. Il me semble juste que puisque la république à des devoirs envers moi (ce que d'autres traduisent par : "mais j'ai le droit de ..."), j'ai également des devoirs envers la république - outre les devoirs financiers des impôts.

Je pense qu'aujourd'hui, c'est ce qui manque le plus. La notion de devoir. Les citoyens devraient avoir plus de devoirs civiques. Cela donnerait un peu plus d'humilité, de discipline, un cadre où seraient fixées des limites pour celles et ceux qui commencent à ne plus en avoir. Pourrait-on imaginer une conscription civique, citoyenne - plutôt que militaire ?

mercredi 27 janvier 2010

Le MoDem, l'information et les médias

Une chose que j'ai remarqué dans les médias, et qui m'énerve assez : Lorsqu'ils parlent du MoDem, ils ne font référence qu'aux types d'informations suivantes :

  1. les défections du MoDem
  2. des commentaires uniquement désobligeants
  3. François Bayrou, lui, lui et uniquement lui

Il me semble que les médias ne veulent pas s'intéresser aux idées du MoDem. Pendant ces régionales, personne ne parle vraiment du programme général du MoDem ainsi que des programmes régionaux - même si celui pour l'Aquitaine n'est pas encore publié.

Tous les commentaires fustigent l'attitude égocentrique de François Bayrou quand il ne font QUE parler de François Bayrou, sans vraiment parler des autres, sauf en interligne. Et Jean Lassalle ? Et Alain Dolium ? Et Azouz Begag ? et toutes ces nouvelles têtes?

Peut être je me trompe... Peut être n'ai-je qu'une vision parcellaire des choses...

A voir...

mercredi 02 décembre 2009

Quelle expérience de vivre dans la peur, n'est ce pas. C'est cela être un esclave.- Rutger Hauer dans Blade Runner

"Quite an experience to live in fear, isn't it. That's what it is to be a slave." Rutger Hauer in "Blade Runner."


La peur paralyse.
La peur rend impotent.
La peur aveugle.
La peur empêche de réfléchir.
La peur, on croit toujours que c'est tout ce qui nous reste.
La peur, on se l'invente à chaque pas.
La peur, on se la crée pour tous nos futurs.
La peur, on nous la suggère.
La peur, on la met en place pour nous immobiliser.
La peur, c'est un écran de fumée sur la réalité.
La peur, c'est l'arrêt.
La peur, c'est un présent éternel, sans avenir.
La peur, c'est une mort à petit feu.
La peur, c'est la certitude du déclin.
La peur, c'est l'abandon de toute construction.
La peur, c'est la soumission à l'Autre.
La peur, c'est voir la carte sans voir le territoire.
La peur, c'est la sclérose.
La peur, c'est une forme de mort.
La peur, c'est l'abandon de soi.
La peur, c'est l'amie intime de la compromission et de la corruption.
La peur, c'est l'arme des destructeurs

mercredi 18 novembre 2009

Recette de femme

Que les très laides me pardonnent mais la beauté est fondamentale. Il faut dans tout cela qu'il y ait quelque chose d'une fleur, quelque chose d'une danse, quelque chose de haute couture dans tout cela (ou alors que la femme se socialise élégamment en bleu comme dans la République Populaire Chinoise). Il n'y a pas de moyen terme. Il faut que tout soit beau. Il faut que, tout à coup on ait l'impression de voir une aigrette à peine posée, et qu'un visage acquière de temps en temps cette couleur que l'on ne rencontre qu'à la troisième minute de l'aurore. Il faut que tout cela soit sans être, mais que cela se reflète et s'épanouisse dans le regard des hommes. Il faut, il faut absolument que tout soit beau et inespéré.

Il faut que des paupières closes rappellent un vers d'Eluard, et que l'on caresse sur des bras quelque chose au delà de la chair : et qu'au toucher ils soient comme l'ambre d'un crépuscule. Ah, laissez-moi vous dire qu'il faut que la femme qui est là, comme la corolle devant l'oiseau soit belle, ou qu'elle ait au moins un visage qui rappelle un temple ; et qu'elle soit légère comme un reste de nuage : mais que ce soit un nuage avec des yeux et des fesses. Les fesses c'est très important. Les yeux, inutile d'en parler, qu'ils regardent avec une certaine malice innocente.

Une bouche fraîche (jamais humide), mobile, éveillée, et aussi d'une extrême pertinence. Il faut que les extrémités soient maigres, que certains os pointent, surtout la rotule, en croisant les jambes et les pointes pelviennes lors de l'enlacement d'une taille mobile. Très grave toutefois est le problème des salières : une femme sans salières est comme une rivière sans ponts. Il est indispensable qu'il y ait une hypothèse de petit ventre, et qu'ensuite la femme s'élève en calice et que ses seins soient une expression gréco-romaine, plus que gothique ou baroque et qu'ils puissent illuminer l'obscurité avec une force d'au-moins 5 bougies.

Il faut absolument que le crâne et la colonne vertébrale soient légèrement visibles et qu'il existe une grande étendue dorsale... Que les membres se terminent comme des hampes, mais qu'il y ait un certain volume de cuisses. Qu'elles soient lisses, lisses comme des pétales et couvertes du duvet le plus doux, cependant sensible à la caresse en sens contraire. Les longs cous sans nul doute sont préférables de manière à ce que la tête donne parfois l'impression de n'avoir rien à voir avec le corps et que la femme ne rappelle pas les fleurs sans mystère.

Les pieds et les mains doivent contenir des éléments gothiques discrets. La peau doit être fraîche aux mains, aux bras, dans le dos et au visage mais les concavités et les creux ne doivent jamais avoir une température inférieure à 37° centigrades, capables, éventuellement, de provoquer des brûlures du ler degré.

Les yeux, qu'ils soient de préférence grands et d'une rotation au moins aussi lente que celle de la terre; qu'ils se placent toujours au delà d'un mur invisible de passion qu'il est nécessaire de dépasser. Que la femme, en principe, soit grande ou, si elle est petite, qu'elle ait l'altitude mentale des hautes cimes. Ah, que la femme donne toujours l'impression que si ses yeux se ferment En les ouvrant, elle ne serait plus présente avec son sourire et ses intrigues. Qu'elle surgisse, qu'elle ne vienne pas, qu'elle parte, quelle n'aille pas.

Et qu'elle possède un certain pouvoir de rester muette subitement, et de nous faire boire le fiel du doute. Oh, surtout qu'elle ne perde jamais, peu importe dans quel monde, peu importe dans quelles circonstances, son infinie volubilité d'oiseau, et que caressée au fond d'elle-même, elle se transforme en fauve sans perdre sa grâce d'oiseau; et qu'elle répande toujours l'impossible parfum ; et qu'elle distille toujours le miel enivrant ; et qu'elle chante toujours le chant inaudible de sa combustion et qu'elle ne cesse jamais d'être l'éternelle danseuse de l'éphémère ; et dans son incalculable imperfection qu'elle constitue la chose la plus belle et la plus parfaite de toute l'innombrable création.

Vinicius de Morales

J'adore ce poème. Je recommande à toutes celles et tous ceux qui aiment la poésie d'aller au Club des Poètes, à Paris. Et de demander à ce que Marcelle Rosnay vous le dise. Elle est la seule à pouvoir le dire, selon moi.
Recette de femme
Club des poètes

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